dimanche 13 novembre 2016

Un automne aux mardelles


Cet article s'adresse à celui ou celle qui a écrit à l'arrière du panneau du plan des sentiers.
Il ou elle a écrit, "non aux forêts à fric".
Les Mardelles étant une réserve naturelle, des efforts constants sont faits pour gérer au mieux la biodiversité et pour réparer les erreurs du passé : peu à peu les arbres natifs vont remplacer les résineux. Les Mardelles ce n'est pas une forêt à fric, c'est plus que cela.
Monsieur ou madame qui êtes dans l'ignorance de ce qui se passe vraiment dans cette nature je vais vous avouer que moi aussi parfois je ne comprends guère ce qui se passe, certaines choses m'échappent.
Depuis que je viens aux Mardelles, j'ai toujours trouvé là de quoi me ressourcer et je retrouve souvent la sérénité. Ici je me sens un peu fée, je considère l'humanité autrement.
Je me perçois aussi autrement, par exemple hier j'étais ce sapin, différent des autres, comme lui, je ne rentre jamais dans le rang.


Les Mardelles...les politiques s'en sont emparé alors autant vous dire qu'elles ne risquent pas d'être une forêt à fric, car ici ils ne sont vraiment pas doués pour faire des projets rentables. Voir des exemples de partout dans le département où du fric fut dépensé et où les projets sont abandonnés. La preuve, on trouve plein d’aménagements en ruine de partout. Quand le fric arrive tout le monde vient, on fait des discours on fait la promesse de tenir des engagements, mais rien ne fonctionne, les elfes sont puissants et la forêt reprend son droit.


Ici c'est l'arbre qui attend que les "Zéro chômeur" viennent le retirer, ils vont faire des réunions pendant des mois pour y arriver, ça va couter un bras à la collectivité (la direction prétend à de gros salaires) et ne rien rapporter dans la gamelle des esclaves (un petit smic maximum) mais tout le monde va se féliciter... en gros votre soi-disant forêt à fric c'est comme ça qu'elle va fonctionner monsieur le tagueur, (ou madame la tagueuse je ne connais toujours pas votre sexe.).
Mais je vous comprends car la forêt peut être une sorte d'industrie assez complexe, par exemple : je croyais acheter local en commandant un petit chalet de jardin chez Foresta à Nevers, je ne suis dit voilà je fais un achat écoresponsable en sorte...et bien quand mon chalet a été livré il venait de Nice !
Je me suis dit : Bonjour la facture carbone ! Véronique tu as déconné grave !
Il y a les intentions et la réalité parfois bien différente, ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions?


Mais les gens aimeraient bien que la forêt leur rapporte du fric, vous n'étiez pas aux affouages ?
Qui vient chercher un lot de bois ? Ce sont les plus pauvres. Qui espère avoir un jour la chance de travailler dans la forêt pour quelques sous ? Des esclaves des temps modernes à la merci des seigneurs locaux car depuis la petite graine du sapin que vous incriminez certaines choses n'ont pas changées, ou alors, pas vraiment dans le bon sens.
Moi, de tout cela je m'écarte, je puise ici mon énergie et de toutes les belles couleurs de l'automne la richesse de ma palette. Il n'y a pas que le fric dans la vie, il y a la magie du temps précieux et des lumières habiles et cela personne ne pourra me l'enlever même pas vous les jaloux, les copieurs, les envieux les bavards et les médisants. Moi aussi parfois j'ai envie de prendre un gros feutre pour écrire de partout que j'en ai plus qu'assez des briseurs de rêves ! Stop, aux manipulateurs irrespectueux ! Vous les champignons méchants qui menacent l'affamé d'empoisonnement. Sur la mousse douce j'aimerais m'endormir et que la vanité humaine ne soit qu'un mauvais rêve !






















mardi 1 novembre 2016

Trois petits tours et puis…



Un nouveau rituel s'est mis en place dans ma vie : les trois tours d'étang.
C'est devenue une bonne habitude et quand nous ne pouvons pas le faire cela nous manque beaucoup.
Accro au boulot, toujours devant l'écran, assise, je me rouillais !
Mon compagnon m'a dit " courage on va se mettre sérieusement à l'activité physique."
Bien sûr il y avait les randonnées, les balades occasionnelles, mais cela n'était pas régulier et souvent je trouvais plein de prétextes pour ne pas aller loin : j'ai trop de boulot, j'ai du travail, j’ai des trucs à faire… Parfois j'alternais avec je dois bosser ou j'ai une tâche en route.
Qu'a cela ne tienne m'a dit mon prince soucieux de ma ligne et de ma forme physique, il a mis au point une tactique !

 C'est comme cela que nous avons commencé les soirs d'été à faire un tour d'étang, puis devant ma forme revenue à l'automne nous avons fait deux tours et nous voilà rendus à trois !
Mais allez-vous me dire, qu'est-ce qu’on en a à faire ?
Et que pouvez-vous bien voir autour d'un étang et surtout trois tours ça doit être lassant à un point !
Détrompez-vous chers amis lecteurs et ne soyez point déçus car venons-en au fait, du tour de l'étang on ne se lasse pas.
Chaque jour apporte son lot de lumières et de couleurs et figurez-vous que ces petits canards là, nous les avons vus naitre !

Surprise, un dimanche nous pouvions à peine mettre un pied devant l'autre tant il y avait de cannes à pêche sur l'allée, c'était un grand rassemblement de pêcheurs, d'ailleurs les pêcheurs il y en a tous les jours, même parfois la nuit.
Lors de nos derniers tours du soir nous avions surpris des pêcheurs qui sortaient de gros brochets de la Nièvre avec de grands rires, l'un d'entre eux pataugeait dans la rivière et n'arrivait pas à remonter le second brochet, le premier sur l'herbe fraiche, regardait les étoiles qu'il devait voir pour la première et la dernière fois.

 Les couleurs de l'automne donnent lieu chaque jour à un nouveau spectacle. Un jour nous avons essayé de rapporter des échantillons de feuilles à la maison pour les photographier tant c'était magique. Hélas comme tout ce qui porte de la poussière de fée, dès que celle-ci s'envole il ne reste que du marron !

Puis il y a les rencontres, Madame Bottine qui trotte toujours un tour toute seule avant de rejoindre sa copine, c'est son tour secret. Puis il y a les maitresses des toutous, le tout petit Cachou et le gros pépère. La dame qui un jour a sauté dans l'eau pour sauver son vieux chien qui se noyait et que les pêcheurs ont à leur tour sauvée de la noyade en l'aidant à sortir de l'étang. Les jeunes hommes qui s'aèrent pendant la pause déjeuner, les jeunes filles qui font du jogging et qui comptent les tours, elles nous croisent en nous disant :"encore un, c'est le deuxième, le troisième !" Car à Prémery nous ne sommes pas les seuls à être des pratiquants du tour de l'étang et toute la journée le rite se poursuit.
Inépuisable dans sa générosité, l'étang donne son air, son eau et sa lumière avec toutes les surprises que chacun peut y trouver. Comme cette petite lumière difficile à capter et qui était si belle, le lever de l'aube est féérique et le coucher du soleil vaut son pesant d'or.