mardi 7 novembre 2017

Vivre prés de la nature


     La première fois  que j'ai entendue parler d'affouages c'était pendant un cours d'informatique avec Cédric. Il m'avait expliqué que moyennant une petite somme je pouvais avoir une parcelle dans les bois communaux où je pourrais couper mon bois de chauffage... Et même, le faire faire par une personne que je paierai me reviendrai moins cher que d'acheter chez un marchand de bois. Cette année, pour le journal, je suis allé voir l'attribution des lots en mairie et je me suis rendue dans les bois communaux pour interviewer un affouagiste. Ce fut l'occasion de me promener dans des bois que je n'avais jamais visités.
     L'automne va vers des jours plus froids mais ce jour-là l'air était particulièrement doux. Nous profitions de ce temps de détente car le lendemain nous devions couvrir la foire aux veaux. J'avais rencontré un éleveur la semaine précédente et le dimanche matin nous sommes retourné sur le champ de foire pour suivre la foire en elle-même. J'y vais chaque année car j'aime beaucoup voir les animaux. Ânes, chevaux, petites chèvres, sont tout apprêtés pour recevoir des prix de beauté. Ce qui me rend triste, par contre, c'est que ces jolies bêtes si douces et placides, que sont les veaux, seront voués à une vie qui se terminera à l'abattoir et dans l'assiette des carnivores.
    Je me retiens de les caresser, car je pense que pour eux c'est stressant d'être touché, les veaux appellent leur maman, c'est la première fois qu'ils descendent en ville et sont séparés d'elle. Dans ma tête des souvenirs de premiers jours à la maternelle, des images de bêtes pendues sans tête dans des salles carrelée... Cependant flotte dans l'air le fumet du plat qui sera servi sur place, le sourire du marchand à qui j'achète un panier d'osier... Mon enfance qui remonte quand nous allions dans les bois avec le même panier pour ramasser les châtaignes à Charauze.
    L'automne saison poignante où la nostalgie et la douceur se disputent l'âme, j'aimerais retourner en arrière, un de ces dimanches à Saint-Julien-de-ratz, où mon père nous emmenait aux champignons. En fermant les yeux dans le sous-bois j'y étais presque.
Lisez ici l'article sur la foire aux veaux.








































jeudi 2 novembre 2017

Champignons tout ronds et sans botte de pluie

     Cette année les mardelles tirent la langue, la sècheresse n'a pas permis aux constellations de champignons de parer de joyaux multicolores, les tapis de mousse des sous-bois. Je ne peux m'empêcher de calculer l'eau qui file au robinet, celle qui coule du pommeau de douche. Je m'inquiète depuis des mois de l'état de déshydratation des hérissons qui œuvrent au jardin. Je me soucie de la soif du sanglier et de la biche, de la soif et du manque d'eau de nos enfants, petits enfants. Je regarde le point du ciel d'où vient la pluie chaque jour, quand elle vient je me dis : "ouf, enfin", mais elle n'est guère abondante, ne fait pas enfler la rivière où cet été, même les poissons ont eu soif.
     Une année sans boue dans les chemins, sans crue dans le jardin. Les champignons font de leur mieux, ils sont rares mais les promeneurs ne les ont pas laissés tranquilles pour autant et tous ceux qui avaient le malheur de ne pas être comestibles ont péri sous les coups de bâton du connard qui n'en a rien à foutre de la biodiversité mais qui ne pense que par sa panse. Monsieur le cueilleur irrespectueux laissez vivre les champignons pas bons !
     Avec les survivants nous avons pris quelques photos, et même un selfie du côté lamelles. La planète change, le climat change et moi je vieillit, je me souviens du temps jadis où on entendait des bruits : "un jour il n'y aura plus d'eau", "il faut économiser l'eau" ! Ici au coeur du département des eaux vives, je me croyais à l'abri, les mardelles semblaient intouchables, mais force est de constater que seule la pluie qui vient du ciel restera maitresse de notre destin.
Je me suis demandé si ce n'est pas d'avoir trop peu lavé les carreaux... on dit que laver les carreaux fait pleuvoir, à tenter !