dimanche 12 mars 2017

Du sang sur la neige


L'association Aline qui organise des évènements culturels dans un petit coin de Nièvre autour de Prémery, m'a demandé il y a deux mois de réaliser une affiche pour une soirée de musique traditionnelle Balte et Russe. À cette occasion j'ai eu la chance de passer un moment en tête à tête avec  Anda Peléka  qui à produit des chants, en s'accompagnant d'un kokle et d'une guitare.

"Je ne suis pas mélomane", voici comment j'ai abordé la chanteuse, je voulais vraiment qu'elle m'explique son art de façon compréhensible pour moi qui ne possède pas la fibre musicale,  c'est comme ça que j'ai appris beaucoup de choses.
Anda vient de Lettonie, un pays Balte et contrairement à ce qu'on pourrait  penser les Lettons n'ont pas de racines communes avec les Russes. Les pays Baltes sont en revanche très vite dominés par des envahisseurs, les Russes sont venus les libérer puis les ont occupés, les pauvres Lettons ont fini par s'y perdre.
Les guerres, la misère occasionnée par les occupations successives et le climat très froid n'ont pas rendus leurs chants particulièrement optimistes, on s'en doute.
Le drapeau Letton symbolise du sang sur la neige.

La langue Lettone et au plus près du sanscrit, donc de la langue indienne. Leur religion d'origine n'est ni le catholicisme ni l'orthodoxie mais plutôt un panthéisme organisé sous la tutelle d'un dieu bonhomme et doux qui a deux acolytes féminins l'une étant la spécialiste du monde sous-terrain et matériel et l'autre régnant sur le domaine de la nuit, d'autres petites déesses règnent dans les bois, les rivières et les autres éléments. Là encore on est proche de l'Inde !
Si cela se retrouve dans la musique ? Je n'ai pas vraiment trouvé cela, bien qu'on débute souvent par une mélopée douce qui s'amplifie comme dans les ragas.
Les Lettons sont tous chanteurs, tous musiciens, on dit que quand ils font un spectacle il y a plus de monde sur scène que dans la salle. À chaque stade de la vie une chanson existe et chacun peut transformer à sa guise le chant traditionnel, il y a plus de 500 000 chansons au répertoire traditionnel Letton et Anda ne va pas tous les produire ce soir mais cependant elle chantera assez pour nous donner un bel aperçu de la culture musicale Lettonne.

Vous pourrez chercher des renseignements sur internet, vous trouverez peu de chose aussi bien décrite que par Anda, elle nous a donc offert un moment rare et précieux. Elle-même ne se produit pas toujours dans ce registre musical. Elle a étudié au conservatoire Rachmaninoff, le Russe fait partie de sa culture car elle est née à un moment où la Lettonie était occupée par les Russes.
Soprano, élevée au cœur des intérêts culturels forts entre la France et la Russie, Anda Peléka vit au Puy-en-Velay où elle se produit dans un contexte de musique sacrée accompagnée par un harpiste ou un pianiste.
 Anda à vendu tous les CD qu'elle avait apporté.
Concernant maintenant la soirée au cours de laquelle nous avons mangé une très bonne choucroute, on pouvait aussi y voir des magnifiques photographies de l'artiste Lydia Chavinskaia. Entourés de photographies de paysage de neige, avec les petites lumières qui brillent au fenêtre d'une vieille Datcha dans la forêt, nous avons passé une délicieuse soirée.


Anda découvrait pour la première fois la Nièvre, elle qui fut un jour "la fiancé qui venait du froid" m'a dit qu'elle trouvait notre petit coin fort chaleureux et qu'elle serait ravie de revenir donner de la voix.
Espérons que les organisateurs potentiels la solliciteront de nouveau.
(contactez l'association ALINE 06 41 38 23 97)
 Une autre facette de notre fée d'un soir dans la vidéo qui suit !

mercredi 22 février 2017

Le mois palichon

C'est un mois court et heureusement, car en février ce n'est pas le pied! Avec la crève qui m'empêche de profiter du week-end j'ai tenté une sortie pour voir si je respirai mieux dehors. C'est vers l'étang du Merle que nous avons porté nos pas.





L'eau était basse et les couleurs s'étaient aussi retirées du cadre.
Les ruines des maisons à bateaux étaient comme de lugubres témoins d'un temps plus animé.
L'eau, haute d'un côté de la route, est noire comme de l'encre.



Au bord de la plage des arbres gisent terrassés, tronçonnés. Au loin des équipes de chasseurs guettent la moindre trace de vie animale, j'espère secrètement que mon chéri ne m'appellera pas "ma biche" trop fort.




Une fois dans le bois, le soleil a fui et le monde est devenu monochrome... peut-être suis-je victime de la fièvre. Les sapins se transforment en êtres menaçants et seuls, au bout du chemin, des personnages en couleurs semblent encore être vivants... Quand je m’échappe sur la plage pour chercher la lumière, je tombe sur des tas de bois austères et sur le cadavre d'un vieil arbre enroulé d'une liane.




Le temps de retourner vers la digue j’aperçois mon amoureux qui prend en photo un formidable poisson, je dois avoir vraiment beaucoup de température !


En fait c'est juste un manque, un gros manque de couleur, je m'en fais la remarque en passant devant la passerelle que je ne peux m'empêcher de repeindre en rouge en pensée... Février le mois sans couleur. Heureusement il passe très vite, pour le reste il y a ma palette !




mercredi 14 décembre 2016

La chévrerie mohair de Stéphanie

Pour ce Noël les filles ont voulu des cadeaux précis mais moi j'avais envie d'acheter des choses faites mains et qui seraient douces et chaudes. Après avoir visité un ou deux marchés de Noël locaux je me suis trouvé un peu déçue, pas vraiment d'ambiance de Noël. Pas de laines brutes ou de couleurs chaudes ou évocatrices, puis un jour, sur le net j'ai vu une photo de très jolies chèvres !


Elles n’étaient pas communes, je me suis dit que j’aimerai bien les voir en vrai, je contacte la personne et elle me dit " ce sont mes chèvres je suis éleveuse à Germenay! "
L'aubaine ! je me suis mise à penser que peut-être, de fil en aiguille il serait possible de remonter jusqu'à l'origine de la pelote. Mieux que cela, le marché de Noël de Corbigny est installé et je pense fortement que je trouverai là le fameux tricot main un peu déjanté dont je rêve en secret.
À peine arrivée sur place je reconnais la vitrine de Cool and the wool, la marque de fabrique des belles chèvres mohairs. Je pousse la porte et là j’ai complètement craqué, je me voyais très bien dans les jolis ponchos fuchsias, ce sont mes couleurs, c'est mon style j'adore...




Mais avant de m'acheter des choses douces et chaudes pour moi je dois en acheter pour mon gendre Hugo et je suis tombée sur le coin rose d'un plaid qui m'a fait penser à ma maman. J'ai pris le beau lainage pour l'envoyer direct dans la Drôme où je suis certaine une vieille dame fragile sera ravie de le poser sur ses genoux.
Depuis que ma mère a reçut le plaid je suis comblée de bonheur en l'imaginant bien couverte dans son fauteuil qui écoute ses livres à haute voix.


Mais revenons à nos moutons chèvres !
L'aventure ne se termine pas là, en parlant avec l'éleveuse qui s'appelle Stéphanie Lohrer, je conviens avec elle d'un rendez-vous pour voir les chèvres en vrai, je ne perds jamais mes objectifs de vue.
Je voulais les voir et bien je les ai vu et nous les reverrons aussi sans leur toison c'est promis.
Nous sommes partis pour Germenay afin de visiter la chèvrerie. Sur place nous sommes accueillis par deux petites brebis bretonnes qui comme deux petits chiens montent la garde devant la porte de leur maitresse.


Stéphanie sort de la maison et nous emmène voir les belles chèvres. je n’ai pas pu m'empêcher de lui poser de nombreuses questions mais il ne fallait guère la pousser pour qu'elle nous raconte son aventure caprine.
Cette passion qui s'est imposée comme une évidence un jour alors qu'elle vivait à Paris dans le stress d'un travail d'attachée de presse, l'achat des premières chèvres et des boucs et comment chaque individu du groupe a vécu des aventures et des mésaventures en créant ainsi des liens particuliers avec la famille. Le plus grand se donne des airs d'évêque avec un poil impeccable et des guêtres assorties.
Le petit Didier qui a eu mal aux yeux et qui depuis qu'il est soigné est très attaché aux humains, il vient se faire caresser. Devant moi j'en ai un qui est une vraie pelote de laine ambulante, je crois que tous les poils feront partie du fil mais Stéphanie m'explique la différence entre la toison qui sera exploitée et les poils de jar qui sont trop raides et trop blancs qu'il faut écarter avant de filer.
Il y a tellement d’amour et de connexions entre l'éleveuse et les pelotes sur pattes que j'aimerais revenir encore les voir, mais aux beaux jours, quand elle les baladera pour qu'elles se nourrissent de feuillages d'été.



Dans Germenay tout le monde connaît cette bergère hors du commun qui promène ses chèvres en compagnie des touristes qui veulent découvrir son travail, avec des chiens et des brebis qui ne manquent jamais l'occasion de faire une randonnée.
En février elles vont être tondues, Stéphanie inquiète à cause du froid prévoit de mettre de côté quelques polaires pour les rhabiller le temps que les poils repoussent. Ils repousseront très vite, à raison de 1 millimètre par jour. Dans la boutique à côté, les pelotes de laine mohair qui est filée en Italie est tricoté, tissé et les ouvrages ainsi fait sont de toute beauté et respirent le bonheur.


Je vous mets ici des liens pour voir des renseignements sur cette activité et je vous promets d'autres visites à la chèvrerie !
Mohair France
Cool & the wool

dimanche 13 novembre 2016

Un automne aux mardelles


Cet article s'adresse à celui ou celle qui a écrit à l'arrière du panneau du plan des sentiers.
Il ou elle a écrit, "non aux forêts à fric".
Les Mardelles étant une réserve naturelle, des efforts constants sont faits pour gérer au mieux la biodiversité et pour réparer les erreurs du passé : peu à peu les arbres natifs vont remplacer les résineux. Les Mardelles ce n'est pas une forêt à fric, c'est plus que cela.
Monsieur ou madame qui êtes dans l'ignorance de ce qui se passe vraiment dans cette nature je vais vous avouer que moi aussi parfois je ne comprends guère ce qui se passe, certaines choses m'échappent.
Depuis que je viens aux Mardelles, j'ai toujours trouvé là de quoi me ressourcer et je retrouve souvent la sérénité. Ici je me sens un peu fée, je considère l'humanité autrement.
Je me perçois aussi autrement, par exemple hier j'étais ce sapin, différent des autres, comme lui, je ne rentre jamais dans le rang.


Les Mardelles...les politiques s'en sont emparé alors autant vous dire qu'elles ne risquent pas d'être une forêt à fric, car ici ils ne sont vraiment pas doués pour faire des projets rentables. Voir des exemples de partout dans le département où du fric fut dépensé et où les projets sont abandonnés. La preuve, on trouve plein d’aménagements en ruine de partout. Quand le fric arrive tout le monde vient, on fait des discours on fait la promesse de tenir des engagements, mais rien ne fonctionne, les elfes sont puissants et la forêt reprend son droit.


Ici c'est l'arbre qui attend que les "Zéro chômeur" viennent le retirer, ils vont faire des réunions pendant des mois pour y arriver, ça va couter un bras à la collectivité (la direction prétend à de gros salaires) et ne rien rapporter dans la gamelle des esclaves (un petit smic maximum) mais tout le monde va se féliciter... en gros votre soi-disant forêt à fric c'est comme ça qu'elle va fonctionner monsieur le tagueur, (ou madame la tagueuse je ne connais toujours pas votre sexe.).
Mais je vous comprends car la forêt peut être une sorte d'industrie assez complexe, par exemple : je croyais acheter local en commandant un petit chalet de jardin chez Foresta à Nevers, je ne suis dit voilà je fais un achat écoresponsable en sorte...et bien quand mon chalet a été livré il venait de Nice !
Je me suis dit : Bonjour la facture carbone ! Véronique tu as déconné grave !
Il y a les intentions et la réalité parfois bien différente, ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions?


Mais les gens aimeraient bien que la forêt leur rapporte du fric, vous n'étiez pas aux affouages ?
Qui vient chercher un lot de bois ? Ce sont les plus pauvres. Qui espère avoir un jour la chance de travailler dans la forêt pour quelques sous ? Des esclaves des temps modernes à la merci des seigneurs locaux car depuis la petite graine du sapin que vous incriminez certaines choses n'ont pas changées, ou alors, pas vraiment dans le bon sens.
Moi, de tout cela je m'écarte, je puise ici mon énergie et de toutes les belles couleurs de l'automne la richesse de ma palette. Il n'y a pas que le fric dans la vie, il y a la magie du temps précieux et des lumières habiles et cela personne ne pourra me l'enlever même pas vous les jaloux, les copieurs, les envieux les bavards et les médisants. Moi aussi parfois j'ai envie de prendre un gros feutre pour écrire de partout que j'en ai plus qu'assez des briseurs de rêves ! Stop, aux manipulateurs irrespectueux ! Vous les champignons méchants qui menacent l'affamé d'empoisonnement. Sur la mousse douce j'aimerais m'endormir et que la vanité humaine ne soit qu'un mauvais rêve !