samedi 13 octobre 2018

La soif

Je n’avais jamais vu les Mardelles dans un tel état de sècheresse.
L’été n’en finit plus, nous sommes le 13 octobre et le thermomètre indique encore plus de 25 degrés au soleil. Il a plu les dernières nuits, mais quand j’ai replanté mon pied de romarin, la terre était déshydratée à cinq centimètres de la surface.

Pour les Mardelles, c’est une catastrophe écologique. Les plantes qui y poussent sont des espèces principalement habituées à vivre dans l’humidité des mares. Les arbres paraissent en plein effort de concentration pour économiser la moindre goutte de rosée. Ils ont déjà coupé les vivres à leur feuillage depuis le mois de septembre. De jolis coloris cependant peuvent s’apercevoir, mais je ressens de la fatigue après ces mois de canicule et de manque d’eau.

Le ciel est d’un bleu impitoyable. Tout le monde préfère le beau temps, mais là, le beau temps me lasse. J’ai envie de mettre mon imperméable, mes bottes de pluie et de voir des champignons. De nombreuses personnes disent que cela va devenir ainsi, des étés torrides, des tempêtes, des hivers cinglants. La planète ne se venge pas, elle est comme nous, une victime de la folie des hommes et de leurs besoins irrépressibles de consommer. Je ne sais qu’inventer, que raconter à mes enfants qui vont devoir vivre, vieillir dans des conditions difficiles alors que nous ne rêvions que d’une civilisation des loisirs. Entre la guerre de mes parents et la lutte pour l’eau de mes hypothétiques petits-enfants, notre génération n’aura été là que pour se montrer impuissante ? En prenant des photographies, je grave peut-être des images que nous ne reverrons plus dans 20 ans ?



































































vendredi 21 septembre 2018

S'oublier un peu

Deuxième semaine de vacances, nous nous offrons une expédition en compagnie d'un guide d’une grande culture. Nous laissons notre voiture personnelle pour nous embarquer dans la sienne, car nous allons dans un lieu où lui seul peut entrer. Quelques kilomètres autour de Cercy-la-Tour, nous franchissons avec lui de lourdes grilles de fer forgé. Nous allons à la rencontre d’un gardien qui coupe son bois. C’est dans une clairière où sa maison entourée d’animaux semble ne pas avoir évolué depuis le XIXe siècle. La paix et le silence règnent, nous sommes baignés dans une lumière de fin d’été et avec la permission du gardien nous allons marcher sur une allée en écoutant l’histoire de ce lieu.





Je ne vous dirais rien pour l’instant sur ces vestiges au cœur d’une forêt, car notre guide est l’auteur d’un livre qu’il est en train d’écrire et je ne dirais rien non plus pour ne pas avoir à répondre à des questions sur les propriétaires ou encore sur le fait que des gens puissent « ne rien faire ». Il y a des choses qui sont en l’état aussi magiques et belles que si elles étaient restaurées et parfois cela est bien plus beau et plus émouvant quand les façades sont percées d’arbres et que le ciel remplace le toit.

Je sais que je vais en faire hurler plus d’un, mais nous ne sommes pas obligés de tout réparer, de tout préserver en remplaçant les choses démolies par des choses neuves. Parfois, il est bon de rester humble et d’accepter l’usure et la destruction. Bien entendu, je pense aussi à nos pauvres corps qui, bien que très précieux, n’ont pas la possibilité d’être restaurés aussi longuement que certains édifices... Alors pas de jeunisme ni pour nous ni pour ce château qui m’a permis de prendre le temps de rêver aux bals et festivités d’autrefois. Je vous laisse vous émerveiller devant les restes d’un des biens d’une des plus grandes familles nivernaises, merci à eux d’avoir eu parfois des moments de folie et des envies peu raisonnables.