mercredi 14 décembre 2016

La chévrerie mohair de Stéphanie

Pour ce Noël les filles ont voulu des cadeaux précis mais moi j'avais envie d'acheter des choses faites mains et qui seraient douces et chaudes. Après avoir visité un ou deux marchés de Noël locaux je me suis trouvé un peu déçue, pas vraiment d'ambiance de Noël. Pas de laines brutes ou de couleurs chaudes ou évocatrices, puis un jour, sur le net j'ai vu une photo de très jolies chèvres !


Elles n’étaient pas communes, je me suis dit que j’aimerai bien les voir en vrai, je contacte la personne et elle me dit " ce sont mes chèvres je suis éleveuse à Germenay! "
L'aubaine ! je me suis mise à penser que peut-être, de fil en aiguille il serait possible de remonter jusqu'à l'origine de la pelote. Mieux que cela, le marché de Noël de Corbigny est installé et je pense fortement que je trouverai là le fameux tricot main un peu déjanté dont je rêve en secret.
À peine arrivée sur place je reconnais la vitrine de Cool and the wool, la marque de fabrique des belles chèvres mohairs. Je pousse la porte et là j’ai complètement craqué, je me voyais très bien dans les jolis ponchos fuchsias, ce sont mes couleurs, c'est mon style j'adore...




Mais avant de m'acheter des choses douces et chaudes pour moi je dois en acheter pour mon gendre Hugo et je suis tombée sur le coin rose d'un plaid qui m'a fait penser à ma maman. J'ai pris le beau lainage pour l'envoyer direct dans la Drôme où je suis certaine une vieille dame fragile sera ravie de le poser sur ses genoux.
Depuis que ma mère a reçut le plaid je suis comblée de bonheur en l'imaginant bien couverte dans son fauteuil qui écoute ses livres à haute voix.


Mais revenons à nos moutons chèvres !
L'aventure ne se termine pas là, en parlant avec l'éleveuse qui s'appelle Stéphanie Lohrer, je conviens avec elle d'un rendez-vous pour voir les chèvres en vrai, je ne perds jamais mes objectifs de vue.
Je voulais les voir et bien je les ai vu et nous les reverrons aussi sans leur toison c'est promis.
Nous sommes partis pour Germenay afin de visiter la chèvrerie. Sur place nous sommes accueillis par deux petites brebis bretonnes qui comme deux petits chiens montent la garde devant la porte de leur maitresse.


Stéphanie sort de la maison et nous emmène voir les belles chèvres. je n’ai pas pu m'empêcher de lui poser de nombreuses questions mais il ne fallait guère la pousser pour qu'elle nous raconte son aventure caprine.
Cette passion qui s'est imposée comme une évidence un jour alors qu'elle vivait à Paris dans le stress d'un travail d'attachée de presse, l'achat des premières chèvres et des boucs et comment chaque individu du groupe a vécu des aventures et des mésaventures en créant ainsi des liens particuliers avec la famille. Le plus grand se donne des airs d'évêque avec un poil impeccable et des guêtres assorties.
Le petit Didier qui a eu mal aux yeux et qui depuis qu'il est soigné est très attaché aux humains, il vient se faire caresser. Devant moi j'en ai un qui est une vraie pelote de laine ambulante, je crois que tous les poils feront partie du fil mais Stéphanie m'explique la différence entre la toison qui sera exploitée et les poils de jar qui sont trop raides et trop blancs qu'il faut écarter avant de filer.
Il y a tellement d’amour et de connexions entre l'éleveuse et les pelotes sur pattes que j'aimerais revenir encore les voir, mais aux beaux jours, quand elle les baladera pour qu'elles se nourrissent de feuillages d'été.



Dans Germenay tout le monde connaît cette bergère hors du commun qui promène ses chèvres en compagnie des touristes qui veulent découvrir son travail, avec des chiens et des brebis qui ne manquent jamais l'occasion de faire une randonnée.
En février elles vont être tondues, Stéphanie inquiète à cause du froid prévoit de mettre de côté quelques polaires pour les rhabiller le temps que les poils repoussent. Ils repousseront très vite, à raison de 1 millimètre par jour. Dans la boutique à côté, les pelotes de laine mohair qui est filée en Italie est tricoté, tissé et les ouvrages ainsi fait sont de toute beauté et respirent le bonheur.


Je vous mets ici des liens pour voir des renseignements sur cette activité et je vous promets d'autres visites à la chèvrerie !
Mohair France
Cool & the wool

dimanche 13 novembre 2016

Un automne aux mardelles


Cet article s'adresse à celui ou celle qui a écrit à l'arrière du panneau du plan des sentiers.
Il ou elle a écrit, "non aux forêts à fric".
Les Mardelles étant une réserve naturelle, des efforts constants sont faits pour gérer au mieux la biodiversité et pour réparer les erreurs du passé : peu à peu les arbres natifs vont remplacer les résineux. Les Mardelles ce n'est pas une forêt à fric, c'est plus que cela.
Monsieur ou madame qui êtes dans l'ignorance de ce qui se passe vraiment dans cette nature je vais vous avouer que moi aussi parfois je ne comprends guère ce qui se passe, certaines choses m'échappent.
Depuis que je viens aux Mardelles, j'ai toujours trouvé là de quoi me ressourcer et je retrouve souvent la sérénité. Ici je me sens un peu fée, je considère l'humanité autrement.
Je me perçois aussi autrement, par exemple hier j'étais ce sapin, différent des autres, comme lui, je ne rentre jamais dans le rang.


Les Mardelles...les politiques s'en sont emparé alors autant vous dire qu'elles ne risquent pas d'être une forêt à fric, car ici ils ne sont vraiment pas doués pour faire des projets rentables. Voir des exemples de partout dans le département où du fric fut dépensé et où les projets sont abandonnés. La preuve, on trouve plein d’aménagements en ruine de partout. Quand le fric arrive tout le monde vient, on fait des discours on fait la promesse de tenir des engagements, mais rien ne fonctionne, les elfes sont puissants et la forêt reprend son droit.


Ici c'est l'arbre qui attend que les "Zéro chômeur" viennent le retirer, ils vont faire des réunions pendant des mois pour y arriver, ça va couter un bras à la collectivité (la direction prétend à de gros salaires) et ne rien rapporter dans la gamelle des esclaves (un petit smic maximum) mais tout le monde va se féliciter... en gros votre soi-disant forêt à fric c'est comme ça qu'elle va fonctionner monsieur le tagueur, (ou madame la tagueuse je ne connais toujours pas votre sexe.).
Mais je vous comprends car la forêt peut être une sorte d'industrie assez complexe, par exemple : je croyais acheter local en commandant un petit chalet de jardin chez Foresta à Nevers, je ne suis dit voilà je fais un achat écoresponsable en sorte...et bien quand mon chalet a été livré il venait de Nice !
Je me suis dit : Bonjour la facture carbone ! Véronique tu as déconné grave !
Il y a les intentions et la réalité parfois bien différente, ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions?


Mais les gens aimeraient bien que la forêt leur rapporte du fric, vous n'étiez pas aux affouages ?
Qui vient chercher un lot de bois ? Ce sont les plus pauvres. Qui espère avoir un jour la chance de travailler dans la forêt pour quelques sous ? Des esclaves des temps modernes à la merci des seigneurs locaux car depuis la petite graine du sapin que vous incriminez certaines choses n'ont pas changées, ou alors, pas vraiment dans le bon sens.
Moi, de tout cela je m'écarte, je puise ici mon énergie et de toutes les belles couleurs de l'automne la richesse de ma palette. Il n'y a pas que le fric dans la vie, il y a la magie du temps précieux et des lumières habiles et cela personne ne pourra me l'enlever même pas vous les jaloux, les copieurs, les envieux les bavards et les médisants. Moi aussi parfois j'ai envie de prendre un gros feutre pour écrire de partout que j'en ai plus qu'assez des briseurs de rêves ! Stop, aux manipulateurs irrespectueux ! Vous les champignons méchants qui menacent l'affamé d'empoisonnement. Sur la mousse douce j'aimerais m'endormir et que la vanité humaine ne soit qu'un mauvais rêve !






















mardi 1 novembre 2016

Trois petits tours et puis…



Un nouveau rituel s'est mis en place dans ma vie : les trois tours d'étang.
C'est devenue une bonne habitude et quand nous ne pouvons pas le faire cela nous manque beaucoup.
Accro au boulot, toujours devant l'écran, assise, je me rouillais !
Mon compagnon m'a dit " courage on va se mettre sérieusement à l'activité physique."
Bien sûr il y avait les randonnées, les balades occasionnelles, mais cela n'était pas régulier et souvent je trouvais plein de prétextes pour ne pas aller loin : j'ai trop de boulot, j'ai du travail, j’ai des trucs à faire… Parfois j'alternais avec je dois bosser ou j'ai une tâche en route.
Qu'a cela ne tienne m'a dit mon prince soucieux de ma ligne et de ma forme physique, il a mis au point une tactique !

 C'est comme cela que nous avons commencé les soirs d'été à faire un tour d'étang, puis devant ma forme revenue à l'automne nous avons fait deux tours et nous voilà rendus à trois !
Mais allez-vous me dire, qu'est-ce qu’on en a à faire ?
Et que pouvez-vous bien voir autour d'un étang et surtout trois tours ça doit être lassant à un point !
Détrompez-vous chers amis lecteurs et ne soyez point déçus car venons-en au fait, du tour de l'étang on ne se lasse pas.
Chaque jour apporte son lot de lumières et de couleurs et figurez-vous que ces petits canards là, nous les avons vus naitre !

Surprise, un dimanche nous pouvions à peine mettre un pied devant l'autre tant il y avait de cannes à pêche sur l'allée, c'était un grand rassemblement de pêcheurs, d'ailleurs les pêcheurs il y en a tous les jours, même parfois la nuit.
Lors de nos derniers tours du soir nous avions surpris des pêcheurs qui sortaient de gros brochets de la Nièvre avec de grands rires, l'un d'entre eux pataugeait dans la rivière et n'arrivait pas à remonter le second brochet, le premier sur l'herbe fraiche, regardait les étoiles qu'il devait voir pour la première et la dernière fois.

 Les couleurs de l'automne donnent lieu chaque jour à un nouveau spectacle. Un jour nous avons essayé de rapporter des échantillons de feuilles à la maison pour les photographier tant c'était magique. Hélas comme tout ce qui porte de la poussière de fée, dès que celle-ci s'envole il ne reste que du marron !

Puis il y a les rencontres, Madame Bottine qui trotte toujours un tour toute seule avant de rejoindre sa copine, c'est son tour secret. Puis il y a les maitresses des toutous, le tout petit Cachou et le gros pépère. La dame qui un jour a sauté dans l'eau pour sauver son vieux chien qui se noyait et que les pêcheurs ont à leur tour sauvée de la noyade en l'aidant à sortir de l'étang. Les jeunes hommes qui s'aèrent pendant la pause déjeuner, les jeunes filles qui font du jogging et qui comptent les tours, elles nous croisent en nous disant :"encore un, c'est le deuxième, le troisième !" Car à Prémery nous ne sommes pas les seuls à être des pratiquants du tour de l'étang et toute la journée le rite se poursuit.
Inépuisable dans sa générosité, l'étang donne son air, son eau et sa lumière avec toutes les surprises que chacun peut y trouver. Comme cette petite lumière difficile à capter et qui était si belle, le lever de l'aube est féérique et le coucher du soleil vaut son pesant d'or.